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14/01/2019 - SAMMY SOETAERT

LA MTA PROPOSE UNE OPTIMISATION RAPIDE DU PROGRAMME DE MAINTENANCE

La qualité du facilitateur est d'une importance capitale

MTAEn 2018, la 'garantie uptime' compte parmi les priorités de toute entreprise industrielle ambitieuse. La popularité croissante des programmes tels que la Reliability Centered Maintenance en est un excellent exemple. Mais l'implémentation de ce type de systèmes représente un investissement non négligeable de temps et de moyens, qui ne sont pas toujours disponibles. Dans ce cas, les tâches de maintenance se limitent souvent à des interventions curatives. La MTA, ou Maintenance Task Analysis, s'applique à trouver une réponse idéale dans ce sens.

DES INVESTISSEMENTS CIBLES

Difficile de reprocher à la direction de ne pas accorder suffisamment de moyens à la maintenance; on estime encore trop que ce poste n'est pas facilement rentabilisé. Et les différents postes de coûts sont évidemment privilégiés ou non en fonction de leur impact.

L'impact de la maintenance est, en effet, difficile à chiffrer. Une machine qui continue à tourner, on attribue cela plutôt à la qualité de la machine et non à un programme de maintenance efficace. D'autant plus que d'autres branches dans d'autres départements nécessitent aussi de gros investissements au sein de nos entreprises. La sécurité, la formation, la cybersécurité, pour n'en nommer que quelques-unes. La numérisation aussi implique de nouveaux investissements çà et là.

Autrement dit, nous sommes loin de vivre une situation idéale dans laquelle la maintenance pourrait être considérée comme le pilier essentiel d'une garantie d'un uptime absolu.

A PROPOS DE MTA

A entendre cela, on comprend qu'il est vraiment grand temps de trouver des solutions. Pour beaucoup d'entreprises, la RCM reste assez difficile à appliquer.

Les raisons peuvent être très diverses, mais souvent, l'entreprise dispose d'un parc de machines trop vaste et l'implémentation d'un programme RCM demanderait beaucoup trop de temps.

Pour l'application optimale d'un programme RCM, il faut des effectifs et du temps disponibles. Cela implique, en effet, des heures de réunion, en présence de nombreux acteurs. Et cela prend encore davantage d'ampleur si l'on souhaite appliquer la RCM à l'ensemble du parc.

On peut aussi avoir le cas d'entreprises qui appliquent un procédé de maintenance selon le mode d'emploi du fabricant. Pour elles, passer à un programme RCM représenterait sans doute un trop grand changement. Mais pour certaines machines, ces entreprises souhaitent quand même passer à un programme de maintenance plus adapté qui permet une implémentation rapide, sans nécessiter trop de moyens et qui puisse être facilement compris par tous les acteurs concernés. Et c'est là que la MTA intervient.

Différence entre RCM et MTA

Pour faire bref, la MTA propose une méthode d'analyse en fonction du type de panne appliquée au niveau du système ou d'éléments spécifiques. La méthode est donc comparable à la RCM, puisque dans ce sens, elle applique les même principes. Le gros avantages de la MTA, c'est qu'elle permet d'effectuer facilement une analyse correcte qui pourra apporter une vraie valeur ajoutée. L'objectif au final est de mettre en place un programme de maintenance plus proactif en ajustant la maintenance en fonction de la situation, sur la base des pannes potentielles. Les circonstances dans lesquelles la machine tourne, sont prises en compte dans la MTA. Comme les collaborateurs sont aussi étroitement impliqués, ce système est très performant pour prévoir par exemple en heure et en temps les bons intervalles de maintenance, pour formuler de nouvelles tâches de maintenance et pour éliminer les tâches de maintenance préventive inutiles - qui sont parfois devenues de bêtes habitudes.

Phases

Une MTA comprend une succession de phases. L'information est obtenue par un facilitateur qui va rencontrer les travailleurs les plus concernés par la maintenance. En bref, l'objectif est de lister pour chaque tâche toutes les étapes à effectuer. Il s'agit non seulement d'une description de la tâche, mais aussi des actifs nécessaires. Et ce, au sens large: pièces de rechange, outils de réparation, outils d'assistance, connaissances et compétences des techniciens. Tout le nécessaire possible qui sera d'une manière ou d'une autre utilisée lors de cette tâche.

Pour une bonne préparation, il faut pouvoir collecter énormément d'informations sur les machines et les pièces concernées: modes d'emploi, documentation sur les pannes précédentes, les schémas de fonctionnement, etc.

Surveillance de la température des pompesPompes

Il faut également pouvoir schématiser clairement le contexte exact dans lequel la machine est utilisée. Imaginez, vous utilisez une pompe. Vous pouvez utilisez une pompe dans toutes sortes de circonstances; dans un espace fermé ou plutôt en extérieur.

La pompe peut être placée dans un axe horizontal ou vertical. Dans un cas, elle pompe de l'eau, dans un autre, du lait. La pompe peut pomper un liquide à 10 °C, ou à 60 °C. Les facteurs varient constamment. Il est logique que le programme de maintenance de cette pompe soit adapté en fonction du contexte opérationnel.

Cette approche différente peut être fondamentalement autre que celle prescrite dans les manuels.

Dans une première étape, nous allons identifier, analyser et nommer chaque tâche existante. Le programme de maintenance existant, les actions et la fréquence doivent ensuite être analysés.

Lors de cette étape, il faut nommer les sources qui interviennent lors du procédé. Cela touche vraiment à tout et c'est pour cela que les listes peuvent vraiment aider à ne rien oublier:

  • toutes les personnes impliquées d'une manière ou d'une autre avec une description exacte de leurs tâches;
  • la durée estimée nécessaire à chacune de ces personnes pour exécuter sa tâche;
  • les pièces de rechange utilisées;
  • les outils et le matériel d'assistance nécessaires.

Enfin, il est important de formuler des initiatives ciblées en fonction des recommandations. Ainsi, pour chaque panne, il suffit de suivre la liste associée à la tâche.

Il faut également déterminer la faisabilité de chaque tâche et si elle en vaut vraiment la peine.

Les nouvelles pannes doivent être ajoutées à la liste, ainsi que leurs effets et la tâche à effectuer qui en découle. Les tâches peuvent aussi être réparties en fonction de leur nature: remplacement, révision, modification, détection de panne, …

“UNE MTA PEUT ÊTRE EFFECTUÉE PLUS VITE QU'UNE RCM"

Luc Brabants dirige l'entreprise Optimon, une entreprise qui accompagne énormément de clients dans l'implémentation des programmes de RCM et MTA. Nous avons analysé les champs d'application et les différences.

Luc Brabants: “La RCM est différente de la MTA, dans ce sens que la RCM est une 'zero based analysis': elle se fait à partir de zéro. La MTA s'appuie sur un programme de maintenance existant. Les analyses peuvent paraître semblables, mais la façon d'y arriver est différente. C'est pourquoi quelqu'un qui envisage de passer à la MTA, doit connaître les différences avec la RCM. Une MTA consiste en une analyse d'un plan de maintenance existant. C'est l'amélioration du plan qui permet d'optimiser la maintenance."

Luc BrabantsAlors pourquoi opter pour la MTA ?

Luc Brabants: “Pour certaines choses, on peut atteindre le but visé en y consacrant moins d'énergie. Dans le cas de systèmes critiques, on peut employer énormément de moyens et d'argent en très peu de temps. Mais il y a beaucoup d'actifs ou de machines pour lesquels ce n'est pas le cas, mais qui auront pourtant un impact plutôt douloureux en cas de dysfonctionnement. Les entreprises ont tout intérêt à pouvoir compter sur un rapport de MTA rapide, basé sur les mêmes principes que la RCM."

“Bien qu’il soit plus difficile d’effectuer une MTA
de maniere correcte, vous avez tout interet a realiser une revision MTA des systemes hautement critiques qui pourraient avoir un impact vraiment douloureux en cas de dysfonctionnement“

Quelles sont les faiblesses de l'exécution ?

Luc Brabants: “Une MTA est plus difficile à mettre en œuvre. Une RCM nécessite beaucoup de rigueur et se fait en plusieurs étapes. La RCM implique un travail d'équipe, alors que la MTA est assurée par le facilitateur du début à la fin. Il doit savoir à quoi il a affaire. Il se charge des interviews, rencontre le responsable de qualité, les techniciens de maintenance et les opérateurs. Il doit se débrouiller pour centraliser et analyser les infos nécessaires. S'il n'a pas une vue d'ensemble, il risque de prendre des décisions qui ne sont pas correctes. Tout le bien-fondé d'une MTA dépend donc de lui; c'est lui qui a les clés. Ce n'est pas le cas pour une RCM. C'est le groupe qui agit ici. La MTA va plus vite, donc elle offre une réponse plus adaptée en cas de besoin urgent, si l'on manque de temps, de personnel et d'argent."

Les entreprises qui n'appliquent qu'une maintenance corrective, peuvent-elles passer à la MTA ?

Luc Brabants: “On tombe facilement dans les pièges comme celui de ne plus se fier qu'au programme de maintenance du fournisseur. Cela ne tient pas compte du contexte d'utilisation. C'est ainsi qu'on finit par mal faire les choses ou par ne pas les faire.“

Quelles sont les différences ?

Luc Brabants: “La RCM est une méthode d'analyse fonctionnelle, tandis que la MTA est une méthode d'analyse qui débute dès le niveau des composants! La RCM se base sur la fonction, la MTA sur le type de panne. Dans ce dernier cas, l'analyse porte sur les programmes de maintenance existants et leurs tâches préventives. Nous analysons le type de panne. Du type de panne, on passe aux effets de celle-ci, et cela nous conduit à un diagramme décisionnel. La MTA se base sur des observations, tandis que la RCM reprend tout à zéro. Il y a une différence entre un investissement en temps et un investissement en personnes. Pour une RCM, cinq à six personnes seront impliquées directement. La MTA applique l'approche baptisée 'walking the dog'. Le facilitateur va collecter les infos nécessaires au cours de brèves conversations avec les acteurs concernés en faisant le tour de l'entreprise. Si le facilitateur pose les bonnes questions, il arrivera à lister les types de panne. Pas besoin de prévoir des réunions, vous n'empêchez pas les gens de travailler 'normalement'. Attention, car on ne trouvera pas toutes les formes de panne. Si vous réalisez une RCM selon les règles de l'art, ce sera le cas. La MTA est un programme d'optimisation continu. Au bout d'un certain temps, il faut prévoir une révision. Souvent, la révision d'une RCM passe par une approche de type MTA. Les questions posées le sont sans perdre de vue le contexte de l'entreprise: les conditions de travail ont-elles évolué, les vitesses ou les températures ont-elles été modifiées, … Une MTA s'adresse à un programme de maintenance et cible les pannes qui n'ont pas été solutionnées par le passé et pour lesquelles il faut mettre en place une routine de maintenance. L'intention est de 'faire mieux qu'avant', et avec une MTA, cela peut se faire plus vite qu'avec une RCM. La liste des effets d'interférence est plus concise dans la MTA - un maximum de 40 mots - alors que, dans une RCM, c'est plus étendu. Avec la MTA, nous travaillons selon les mêmes principes: d'abord, le type d'interférence, puis les effets de l'interférence et, immédiatement, la décision. L'avantage est qu'une MTA est sur la même base de référence qu'une RCM.“